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Le jardin d'amexour

Le jardin d'amexour

Parfois de raison, souvent d'intuition, de philologie et des philosophies en général, ce semble pouvoir être l'objet de ce blog... Si cela ne peut seul le décrire totalement, il en reste cependant le principal moteur !


Questionnaire relatif au métier de l'enseignement en philosophie

Publié par Amexour sur 15 Mars 2015, 22:01pm

Catégories : #Une activité professionnelle

Suite à la demande d'une de mes anciennes élèves, j'ai accepté de répondre à quelques questions dans le cadre d'une étude universitaire sur mon métier d'enseignant. Je propose, ici, d'en livrer la teneur...

 

 

QUESTIONNAIRE INTERVIEW AVEC PROFESSIONNEL

 

 

1.               Parlez-moi de votre parcours formatif et professionnel (études, 1er emploi, votre évolution).

           

            Tout d’abord, un parcours atypique, comme nombre d’entre-nous qui viennent à l’enseignement, souvent par conviction, après une formation normée – Licence, puis Master, et concours pour obtenir le CAPES – avec plusieurs années d’enseignement contractuel, débouchant sur une année en tant que professeur stagiaire. Le CAPES n’étant réellement acquis qu’à l’issue de cette année de stage.

 

2.               Avantages et inconvénients de l'enseignement.

 

            Loin de l’image d’Épinal où d’aucun accentuerait les aspects disons les plus difficiles, voire rébarbatifs d’une profession en décrépitude, le métier d’enseignant est aujourd’hui un acte de résistance. Refus des clichés les plus répandus – enfance-roi ; adolescence difficile pour ne pas dire inconsistante ; profession déconsidérée en constitue les principaux écueils. Mais ce n’est pas une fatalité et chaque professeur a à balayer devant la porte de sa classe, pour démontrer qu’il fait l’un des métiers les plus indispensables à la société.

 

3.               Vos motivations à exercer le métier de l'enseignement.

 

            La transmission du savoir bien sûr… Mais en-deçà et, peut être avant tout, permettre aux jeunes esprits en construction, de penser par eux-mêmes. Pour rompre avec un soi-disant déterminisme social et ou culturel, permettre à chacun de trouver le moyen, les ressorts dont tous disposent sans en avoir pour autant pleinement conscience. Motivation pas nécessairement totalement altruiste, car l’enseignement prodigué à l’élève nourrie aussi le maître.

 

4.               Est-ce que l'enseignement a eu une influence sur votre vie personnelle ?

 

            Pour les mêmes raisons – précédemment évoquées –, comme d’autres métiers, l’enseignement a entre- autre pour caractéristiques de ne pas s’arrêter à la sonnerie marquant la fin du cours. L’exigence de la profession est partie intégrante de l’existence personnelle. J’enseigne parce que j’apprends. Je transmets ce que je sais ou plutôt ce que mon intuition, alliée à mon expérience, m’amène à considérer comme juste. Mais rien n’est jamais certain et, par voies de conséquence, a pour seule ambition celle d’éprouver cette réalité. Autrement dit, on apprend aussi au contact des élèves, dans une dialectique respectueuse de cet engagement à rechercher ce qui est, réellement ou ce qui pourrait advenir. Il existe probablement un « principe d’indétermination » qui dépasse la seule théorie physique d’Heisenberg.

            Pourquoi ?

            Le cours en-soi ne constitue qu’une idéalité, qu’il s’agit par conséquent de traduire par les actes eux-mêmes. C’est-à-dire que le cours donné aux élèves n’est pas la réalité en-soi du savoir, elle est une perspective hypothétique du phénomène observable, étudiable, qualifiable. Qu’il faut alors sans cesse remettre en perspective et en adéquation avec le réel et les élèves. Libre à eux, ensuite, de transformer ce savoir en se l’appropriant, et en en trouvant l’utilité !

5.               Quels sont les qualités et les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

 

            Trois mots que sont « abnégation, humilité et confiance ». Abnégation tout d’abord, vis à vis de l’intérêt supérieur, décrit précédemment, quant à la valeur portée à l’enseignement. Humilité d’ambition, car l’on n’enseigne pas à des machines enregistreuses, mais à des êtres sensibles, tous différents. Et confiance enfin, en-soi, mais aussi et surtout en les élèves, sans lesquels aucun enseignement n’est possible, n’est nécessaire.

                                                                                                        

 

6.               Avez-vous rencontré des situations critiques, des problèmes ?

                                                                                                

            Chaque classe est différente, d’une année sur l’autre ; chaque élève est singulier ; chaque enseignement est particulier, et les savoirs sont prétendument universaux... A partir de là, réside toute l’ambivalence et l’ambiguïté des situations d’enseignement. Il faut donc être capable de se remettre en doute, et de ne pas compter que sur l’expérience sensible. Un professeur n’agit jamais seul, car il fait partie d’une équipe pédagogique avec laquelle il exerce sa responsabilité, charge à lui de créer les conditions idoines pour l’équilibre et l’harmonie nécessaires.

 

 

7.               Quelles sont vos condition de travail (horaires, pénibilité, déplacement ? )

 

             Partant toujours de ce qui vient d’être dit, à l’ »impossible nul n’est tenu ». Si l’on veut mener sa mission avec toute l’efficience attendue, il faut alors, nécessairement, ne pas continuer à dévaloriser cette profession ! En d’autres termes, il faut que la société prenne toute la mesure de l’enjeu que représente l’éducation, en donnant aux enseignants les moyens de mener à bien l’exigeante mission qui leur est confiée.  En somme, ne pas permettre de précariser davantage l’école publique [1500 euros après cinq années d’études après le Baccalauréat, avec peu ou prou d’évolution significative durant la « carrière », dévalorisation quasi permanente de l’enseignement au profit d’enjeux contingents, profil et mutation parfois incohérents, etc.].

 

 

8.               Selon vous, en quoi contribue l'enseignement dans le développement de la pensée humaine ?

 

            La déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en son article 26, stipule :

« Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. »

 

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