Etre différent, c'est ne pas chercher ailleurs qu'en soi la réponse à ses questionnements. C'est refuser de voir, d'entendre et d'écouter.
Commenter toujours les autres, c'est ne jamais créer soi-même.
Chercher à éduquer, à convaincre, c'est vouloir priver l'autre de sa liberté. Ne pas créer est un déni de soi dans le refus de sa liberté.
L'Art n'a nul besoin de tribune pour exister, il n'a aucun modèle, aucun juge que l'oeuvre elle-même. Juger une oeuvre, c'est la condamner à l'assimilation. Assimiler, c'est vulgariser, discriminer au point de refuser l'existence même de l'oeuvre. L'oeuvre est unique, individuelle et universelle. Vouloir la commenter, c'est vouloir se l'approprier. Lui donner un nom, c'est l'enchaîner.
Juger puis récompenser une oeuvre, c'est donc la dérober à son créateur. C'est la limiter dans un espace, dans une conception. Accepter d'être jugé quand on est artiste, c'est vendre son âme au plus offrant. Renier son oeuvre, c'est arrêter d'être un artiste, arrêter d'être libre. Un artiste qui fait commerce de son oeuvre est un commerçant, ce qui en soi est fort louable mais différent de l'acte de créer. Produire, c'est créer, vendre, c'est détruire.
Etre libre, c'est refuser d'être assimilé, c'est être un artiste. En cessant d'être un artiste, l'individu cesse d'être libre. L'Art ne connaît aucune limite, ne porte aucun costume et ne peut-être qualifié par aucun critère. Seule l'individualité peut être à l'origine de l'Art.
Vivre libre est un Art.

L'Art est une liberté.